Blockchain et Écosystème d'Innovation

© 2017 – Alexandre HASSLER

Comment tirer parti des outils technologiques pour réduire les coûts ; telle est la question qui occupe depuis de nombreuses années les décideurs économiques de tous horizons. Dopés par l’agitation médiatique qu’ils suscitent, les termes de « Big Data », « machine learning », « deep learning », « chatbot » et autres « intelligences artificielles » sont devenus synonymes de saint-graal de l’innovation. Mais celui qui a sans doute fait le plus coulé d’encre en cette année 2017 porte un autre nom : la Blockchain.

Révolution industrielle pour certains, imposture technologique pour d’autres, la chaîne de blocs fascine autant qu’elle divise. Si en effet, beaucoup assimile son potentiel à la sacro-sainte réduction des coûts, à la suppression des intermédiaires, ces fameux de tiers de confiance, d’autres n’y voient qu’un leurre syntaxique et lexical se nourrissant de bases technologiques et de paradigmes informatiques bien antérieurs à l’apparition de celui-ci.

Au-delà de ces clivages et quel que soit le parti que nous défendions, la Blockchain fait en réalité émerger deux conceptions très différentes de l’innovation. La première se concentre sur le coût, en ce sens que ce qui importe est surtout de pouvoir proposer un produit ou un service à coût moindre mais à valeur identique. A l’inverse, la seconde se focalise sur la valeur ajoutée : dans cette conception, ce n’est pas tant la recherche de la réduction de coût qui prône mais le fait de pouvoir proposer à ses clients un service ou un produit à coût identique mais à valeur bien supérieure. Si ces deux visions de l’innovation semblent intimement liées, elles auront cependant des répercussions bien différentes selon celle que choisira l’entreprise, en particulier sur les applications potentielles de la Blockchain pour celle-ci.

En partant du principe, qu’il n’est ni nécessaire, ni suffisant de maîtriser l’intégralité des fondements techniques du World Wide Web ou du protocole TCP-IP pour bâtir un service sur Internet et permettre à ses clients d’en bénéficier, se focaliser uniquement sur les problématiques d’architecture technique de la Blockchain ou sur son habillage Marketing ne permettra pas de penser celle-ci avant tout comme un moyen d’offrir un meilleur service à ses clients.




Les cas d’applications de la Blockchain sont infinis, pourtant la plupart viendront simplement répliquer des procédés existants sans forcément tenir la promesse de la réduction des coûts.

En effet l’idée selon laquelle, la Blockchain permet la suppression quasi-simple des tiers de confiance risque de tromper les entreprises sur son réel potentiel. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ; si la Blockchain peut résoudre un certain nombre de problèmes en fonction de son implémentation, elle va indubitablement en générer d’autres. C’est pourquoi, en ne faisant que « blockchainiser » un processus existant, si la réduction des coûts reste sérieusement à vérifier, elle ne permettra en tous cas pas d’apporter quelque chose de fondamentalement différent de ce qu’une autre technologie pourrait prétendre faire.

Le cas de l’assurance retard est par exemple assez emblématique : l’idée de créer sur la Blockchain un smart contract déterminant automatiquement le montant de l’indemnité dûe en fonction du retard d’un train ou d’un avion est alléchante. Pourtant, cela se fait très bien avec des technologies, des bases de données et des API tout à fait classiques, pour un coût d’implémentation technique beaucoup plus faible, et finalement le client n’a que faire de la technologie utilisée pourvu qu’elle satisfasse son besoin, l’indemnisation automatique en l’occurrence.

Le potentiel de la Blockchain ne se situe donc non pas tant dans la perspective de vouloir réduire les coûts à tout prix, mais plutôt dans la deuxième conception de l’innovation : à savoir apporter une véritable valeur ajoutée qu’aucune autre technologie ne sera en mesure de réaliser. Cela implique de repenser totalement certaines logiques économiques, certains business model, et certaines organisations et d’en comprendre les fondements pour en extraire le cœur de la valeur pour l’implémenter dans un écosystème Blockchain où les relations et les enjeux entre les parties sont transcendées par celle-ci.




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